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Tuberculose Bovine : dépistage à l’interféron gamma en Camargue

La filière d’élevage des taureaux de combats ou de courses est au centre de la culture et des traditions de la zone Camargue. Les manifestations taurines (abrivades, bandides, corridas, ferrades) sont omniprésentes et représentent depuis toujours un atout touristique pour la région. Cette filière d’élevage est une particularité unique au monde, et est ancrée dans le patrimoine de la Camargue, et du Languedoc-Roussillon.

Le cheptel de la zone Camargue est composé à 95% par la race Camargue (Raço di Biou) et Brave de combat, soit un peu moins de 32 000 têtes réparties dans 250 manades et ganaderias. Le Languedoc-Roussillon héberge plus de la moitié du cheptel, dans les départements de l’Hérault et du Gard, l’autre moitié étant située dans le département des Bouches-du-Rhône (région PACA).

La tuberculose bovine est une maladie transmissible à l’homme et règlementée chez tous les mammifères. Elle est causée par une bactérie, Mycobacterium bovis, particulièrement résistante dans le milieu extérieur, et par conséquent difficile à éliminer. La diffusion cette maladie est particulièrement accentuée en zone Camargue par les nombreux échanges d’animaux entre élevages et les déplacements fréquents d’animaux pour les spectacles taurins.

Entre 1995 et 2006, la prévalence apparente annuelle moyenne de la tuberculose dans les manades et ganaderias a été mesurée proche de 10 %. Ce niveau d’infection est très élevé compte tenu du fait que la France a obtenu son statut de pays officiellement indemne de tuberculose au niveau communautaire en 2001.
Jusqu’en 2006, la détection des animaux infectés était essentiellement réalisée à l’abattoir, car l’intradermotuberculination simple (IDS), le test conventionnel et réglementaire utilisé en élevage était largement défaillant (cf. animaux infectés âgés et ne réagissant plus à l’IDS, non réalisation ou difficulté de réalisation de l’IDS). A partir de 2006, les départements de Camargue ont donc commencé à utiliser le test interféron (IFN) pour améliorer le dépistage des troupeaux infectés. Cette démarche novatrice a d’abord été restreinte aux dépistages avant mouvements et lors d’enquêtes épidémiologiques. Puis, fait unique en France, deux campagnes de dépistage généralisé ont été programmées en 2009/2010, et en 2012/2014. Elles ont permis de détecter de nombreux cheptels infectés qui ont été, pour l’essentiel, assainis par abattage sélectif, préservant ainsi cette population à petit effectif.

Le programme de lutte contre la tuberculose bovine en Camargue a pu être conduit grâce au concours financier du Conseil Régional Languedoc Roussillon, aux Conseils départementaux de l’Hérault et du Gard, ainsi que de l’Etat.

En 2015, la FRGDS a déposé une demande auprès de la Région, afin de poursuivre le programme de lutte.