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West Nile (virus du)

En bref

Espèces infectées Cheval, oiseaux Homme (zoonose)
Symptômes Chez le cheval : majoritairement asymptomatique.
En cas de symptômes : fièvre et baisse de l’état général
Transmission Par Insecte vecteur, type moustiques
Impact Economique (mortalité)
Santé publique (zoonose)
Situation épidémiologique Présence en région Languedoc-Roussillon et PACA
Catégorie 1 (déclaration obligatoire)

Où trouve-t-on la maladie ?

Plusieurs foyers ont été observés en Europe. Le virus est présent sur la quasi totalité du territoire en Amérique du Nord.

Le virus West Nile semble trouver un écosystème favorable pour son amplification sur une bonne partie du pourtour méditerranéen. En France, des foyers en été déclarés en Camargue en 2000 et 2004, dans le Var en 2003 et dans les Pyrénées Orientales en 2006.

Quelles sont les manifestations cliniques de cette maladie ?

Une infection à virus West Nile (WN) peut être suspectée lorsque les symptômes suivants sont observés : une hyperthermie, une ataxie, une parésie intéressant le plus souvent les membres postérieurs, des tremblements musculaires, des grincements de dents, des déficits de nerfs crâniens avec amaurose, une dysphagie, une paralysie faciale.

Moins de 20% des infections s’expriment cliniquement, généralement sous la forme d’un simple syndrome pseudo-grippal (hyperthermie, abattement), plus rarement par une affection nerveuse du type méningo-encéphalite.

Quel est l’agent causal ?

Cet arbovirus appartient à la famille des Flaviviridae et au genre flavivirus, Ce genre regroupe de nombreux agents pathogènes importants pour l’homme et transmis par des arthropodes (moustiques et tiques en particulier).

Comment la maladie est elle diagnostiquée ?

Il peut y avoir suspicion de West Nile dans les zones où l’on sait que la maladie peut se manifester sur la base d’observations cliniques, de l’activité des insectes, d’une existence conjointe de la maladie chez les animaux et les humains, à la lumière d’une propagation rapide de la maladie et en présence d’une convergence de facteurs environnementaux favorables.

Il faut recourir à des tests de laboratoire pour confirmer le diagnostic.

Comment la maladie se transmet et se propage-t-elle ?

Le cycle de vie du virus implique des réservoirs et des moustiques vecteurs. Les chevaux et l’homme sont des hôtes accidentels du virus. Les oiseaux en sont les hôtes habituels (réservoirs du virus). Certaines espèces d’oiseaux sont particulièrement sensibles (famille des Corvidae). Les moustiques sont également des réservoirs. Le virus est transmis au cheval, par piqûres de moustiques (du genre Culex), eux-mêmes contaminés auprès d’oiseaux infectés. Une fois infectés, les oiseaux sont immunisés et protégés d’une nouvelle infection toute leur vie. Chez les hôtes accidentels, tels que l’homme et le cheval, le virus ne semble pas pouvoir se multiplier suffisamment dans le sang pour rendre infectant l’individu atteint : des moustiques piquant un homme ou un cheval infecté ne pourront s’infecter eux-mêmes et transmettre ultérieurement le virus. Ces hôtes accidentels sont appelés « culs de sac épidémiologique » pour la maladie, mais ils sont susceptibles d’en manifester les symptômes.

Quels sont les risques de santé publique liés à cette maladie ?

Chez l’homme, comme chez le cheval, l’infection par le virus West Nile est souvent inapparente. Elle peut également se caractériser par un tableau clinique d’allure grippale. La période d’incubation varie de 3 à 6 jours avec une fièvre modérée à sévère accompagnée de divers symptômes plus ou moins constants : maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires, fatigue, conjonctivite, éruptions cutanées, dans la moitié des cas, parfois : inflammation des ganglions, nausées, douleurs abdominales. Des méningites aiguës ou des encéphalites peuvent apparaître dans des proportions qui varient, selon les souches, de 1 à 15 % des cas. La récupération est complète, mais peut être longue. Cependant, le taux de mortalité peut varier de 3 à 15% selon la souche, le statut immunitaire et l’âge des patients (les individus âgés étant plus sensibles que les jeunes).

Que fait-on pour prévenir et contrôler cette maladie ?

Dans un contexte européen en pleine évolution et puisque le cheval est une sentinelle précieuse du risque d’infection pour l’homme, la surveillance renforcée des affections nerveuses chez l’homme et le cheval ainsi que la vigilance des praticiens équins sont essentielles dans la lutte contre la fièvre WN.

Sources
RESPE , ANSES, PASTEUR