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Border Disease

"Maladie des frontières"

En bref

Espèces infectées Ovins, plus rarement caprins
Symptômes Mortalité embryonnaire et avortements
Naissance d’agneaux IPI
Transmission Contacts directs entre animaux
Passage de la mère au fœtus
Contamination indirecte possible matériel d’élevage, aiguilles )
Impact Economique
Diagnostic d’avortement Diagnostic direct par mise en évidence du virus par PCR sur avorton (rate, foie, encéphale)Sérologie sur lot d’animaux sentinelles les plus jeunes possibles (4 à 6 mois)
Situation épidémiologique Présence en France
Action des GDS Programme pour les ovins lait

Où trouve-t-on la maladie ?

La maladie de la frontière, ou « Border disease » (BD), est une maladie virale des ovins décrite pour la première fois en 1959 dans la région frontalière (« border ») séparant l’Angleterre du Pays de Galles. Le virus est répandu dans le monde entier. Les taux de prévalence de la maladie de la frontière varient de 5 % à 50 % selon les pays et selon les régions d’un même pays.

Le premier diagnostic français date de mars 1984.

La maladie est présente en Languedoc Roussillon, mais la situation épidémiologique précise est inconnue.

Quelles sont les manifestations cliniques de cette maladie ?

Chez les ovins adultes, les symptômes sont le plus souvent frustes, et passent inaperçus. Il existe cependant une forme aiguë se traduisant par une forte fièvre avec une leucopénie grave et durable, accompagnée d’anorexie, de jetage, de conjonctivite voire parfois de dyspnée et de diarrhée.

Chez la femelle gestante, les conséquences d’une infection dépendent du stade de gestation :
· avant 15 jours de gestation, le virus est détruit sans infecter le fœtus
· de J15 à J90, on note 50% de mortalité embryonnaire, des avortements, des effets tératogènes, ou, après J65, la formation d’individus immunotolérants (IPI).
· après J80, le fœtus naît séropositif, non porteur du virus et asymptomatique.

Chez les femelles, les avortements n’ont généralement pas de conséquences sur l’état général ou la fonction reproductrice : ils ne s’accompagnent souvent ni de rétention placentaire ni de métrite. Les fœtus étant petits et momifiés dans la plupart des cas, l’avortement peut passer inaperçu.

La transmission verticale de la maladie joue un grand rôle dans l’épidémiologie de l’affection. L’infection des foetus peut entraîner la naissance d’agneaux infectés persistants immuno-tolérents (IPI). Ces agneaux IPI présentent une virémie, n’ont pas d’anticorps et excrètent du virus en permanence. Ce virus passe d’un ovin à l’autre, les animaux IPI étant la source d’infection la plus grave. Les ovins peuvent également s’infecter à l’occasion d’un contact étroit avec des bovins excrétant le virus de la diarrhée virale bovine (« BVDV » en anglais), qui est très proche du virus de la BD.

Les agneaux malades peuvent présenter des tremblements, une conformation anormale et une toison hirsute : on les appelle « trembleurs hirsutes » ou « agneaux crépus ».

Chez les caprins adultes, aucun signe n’est décelable, hormis chez la femelle gestante.

Les chevreaux atteints sont faibles et chétifs. Ils peuvent parfois présenter des tremblements et de l’ataxie. Aucune malformation du squelette ou de la toison n’a été décrite.

Quel est l’agent causal ?

L’agent causal est un pestivirus qui présente une parenté étroite avec le virus de la maladie des muqueuses chez les bovins et le virus de la peste porcine classique. Le virus de la Border disease appartient à la famille des Flaviviridae. Il en existe deux formes : cyto et non cytopathogène.

Comment la maladie est elle diagnostiquée ?

Le diagnostic clinique est assez complexe sur le terrain : le tableau clinique est souvent incomplet et les lésions tératogènes ne justifient pas en général l’appel à un vétérinaire.

En laboratoire, les méthodes directes et rapides d’identification des ovins IP sont fondées sur la détection de l’antigène viral ou de l’ARN viral.

A l’échelle du troupeau, la meilleure façon de confirmer une infection aiguë par le BDV est de démontrer une séroconversion chez plusieurs animaux d’un même groupe. La technique immuno-enzymatique (ELISA) et le test de séroneutralisation virale sont les méthodes les plus courantes de recherche des anticorps.

Quels sont les risques de santé publique liés à cette maladie ?

La border disease n’est pas transmissible à l’homme.

Que fait-on pour prévenir et contrôler la maladie ?

Aucun traitement curatif n’est disponible.

La méthode de lutte principale repose sur des mesures sanitaires et de prévention en relation avec les mouvements d’animaux.

La vaccination des femelles un mois avant la lutte au moyen d’un vaccin inactivé à forte concentration en antigènes est un moyen de prévention fréquent. Les seuls vaccins disponibles sur le marché actuellement sont des vaccins contre les pestiviroses bovines, vivants ou inactivés.

Action des GDS sur la Border Disease

Programme ovin lait, mené par le GDS de l’Hérault